Le Sénégal confirme ses ambitions de devenir un acteur majeur de la biotechnologie en Afrique, avec un accent particulier sur le développement des vaccins à ARN messager. Une mission stratégique de Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Medicines Patent Pool (MPP) séjourne actuellement à Dakar pour accompagner le transfert de cette technologie de pointe.

Au cœur de cette initiative, l’objectif est clair : permettre au pays de développer, produire, réguler et distribuer de manière autonome des vaccins et autres produits de santé à base d’ARN messager, afin de garantir un accès rapide et équitable aux traitements, tout en renforçant sa capacité de réponse face aux pandémies.

C’est dans cette optique qu’une réunion du comité technique dédiée à cette technologie s’est tenue mardi au siège de l’OMS à Diamniadio, réunissant des représentants de l’organisation, du ministère de la Santé et de Institut Pasteur de Dakar. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté de décentraliser la production mondiale de vaccins en renforçant les capacités locales.

L’expérience de la pandémie de COVID-19 a mis en évidence la dépendance du continent africain vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement internationales. En réponse, le Sénégal entend accélérer son indépendance pharmaceutique, en transformant l’Institut Pasteur de Dakar en un hub régional de production biotechnologique.

Selon le Dr Mor Diagne, représentant du ministère de la Santé, la production locale de vaccins via le transfert de technologie constitue désormais une priorité nationale. Le pays mise notamment sur l’intégration de l’Intelligence artificielle pour renforcer la recherche et le développement dans le domaine de l’ARN messager.

Cette stratégie devrait permettre, à terme, de produire localement des vaccins essentiels contre des maladies telles que la fièvre jaune, la méningite ou la rougeole, mais aussi de développer des thérapies innovantes contre le paludisme et le cancer.

De son côté, le représentant de l’OMS au Sénégal, le Dr N’da Michel Yao Konan, a souligné que le pays figure parmi les quinze États bénéficiaires de ce programme mondial visant à renforcer les capacités locales de production. Il a insisté sur l’importance de garantir des standards internationaux de qualité et de conformité, tout en soutenant l’émergence de produits de santé « made in Africa ».

À travers cette initiative, le Sénégal s’affirme comme l’un des pionniers d’une Afrique désireuse de maîtriser sa souveraineté sanitaire, en misant sur l’innovation et la coopération internationale pour bâtir un système de santé plus résilient.

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