Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse, mardi, ses prévisions de croissance pour le Sénégal, confirmant un ralentissement économique plus marqué qu’anticipé. Selon l’institution basée à Washington, le produit intérieur brut (PIB) du pays ne devrait progresser que de 2,2 % en 2026, contre 3,0 % estimés en octobre dernier.
Ce niveau de croissance reste largement inférieur à la moyenne attendue en Afrique subsaharienne, évaluée à 4,3 % dans les dernières Perspectives de l’économie mondiale. Pour 2027, le FMI n’entrevoit qu’une amélioration modérée, avec une croissance portée à 2,3 %, sans véritable reprise à court terme.
Parallèlement, les équilibres extérieurs du pays suscitent des inquiétudes croissantes. Le déficit du compte courant devrait atteindre 6,2 % du PIB en 2026, dépassant les prévisions initiales de 5,4 %. Une légère réduction est attendue en 2027, à 5,8 %, traduisant un ajustement encore progressif. Cette situation met en évidence la dépendance persistante du Sénégal aux financements extérieurs pour soutenir sa consommation et ses investissements.
L’inflation, de son côté, est désormais projetée à 2,6 % en 2026, un niveau légèrement supérieur aux estimations précédentes, dans un contexte de pressions économiques accrues.
Ces perspectives interviennent alors que le Sénégal fait l’objet d’une surveillance renforcée de la part de ses partenaires financiers internationaux. En cause, la découverte récente d’une dette non déclarée, estimée à 13 milliards de dollars, qui a entamé la crédibilité budgétaire du pays. Cette situation avait conduit le FMI à suspendre, en 2024, un programme de financement de 1,8 milliard de dollars.
Depuis, les autorités sénégalaises ont engagé des discussions avec l’institution internationale afin de mettre en place un nouveau programme, dans l’objectif de restaurer la confiance des investisseurs et de stabiliser les finances publiques du pays.
