En marge des réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), tenues à New York, les discussions entre le Sénégal et ses partenaires financiers ont révélé des divergences plus profondes qu’il n’y paraît. Derrière les échanges cordiaux entre la délégation sénégalaise et la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, les désaccords sur l’orientation économique du pays persistent.
La délégation, conduite par les ministres Cheikh Diba et Abdourahmane Sarr, s’est rendue à ces rencontres avec pour objectif principal la négociation d’un nouveau programme de financement. Toutefois, selon plusieurs sources médiatiques, les échanges ont mis en lumière des points de friction majeurs.
Au cœur des discussions, la question de la dette publique reste sensible. Les autorités sénégalaises maintiennent leur refus catégorique de toute restructuration, une position conforme à la ligne défendue par le Premier ministre Ousmane Sonko. Le gouvernement privilégie une stratégie d’assainissement interne des finances publiques, sans recours à un rééchelonnement contraint.
Face à cette position, le FMI insiste sur la nécessité d’une discipline budgétaire renforcée, notamment à la suite du dossier de « misreporting » lié à la découverte d’une dette non déclarée. L’institution internationale exige désormais une transparence totale dans la gestion des finances publiques, condition préalable à tout nouvel appui financier.
Autre point de divergence : les perspectives de croissance, en particulier hors secteur des hydrocarbures. Les autorités sénégalaises jugent les prévisions du FMI excessivement pessimistes, tandis que l’institution considère les projections nationales comme trop optimistes. « Nous pensons que les hypothèses du FMI sont pessimistes […] et le FMI estime que nos projections sont optimistes », a résumé Cheikh Diba lors des discussions.
Ce désaccord reflète une divergence plus large sur la capacité du Sénégal à générer une croissance durable en dehors des revenus pétroliers et gaziers, un enjeu crucial pour la stabilité économique du pays.
Malgré ces tensions, les deux parties affichent leur volonté de parvenir à un compromis. Des convergences émergent progressivement autour d’un processus de redressement économique, laissant entrevoir la possibilité d’un accord dans les mois à venir.
