Sur les douze systèmes alimentaires étudiés en Afrique, seuls trois présentent des niveaux de résilience jugés satisfaisants, pénalisés par une vulnérabilité accrue au changement climatique, un manque d’investissement chronique dans l’agriculture et des infrastructures logistiques insuffisantes.
L’Algérie, l’Afrique du Sud et l’Égypte sont les pays africains disposant des systèmes alimentaires les plus résilients en 2026, selon un classement publié le mardi 3 mars par le think tank britannique Economist Impact, en collaboration avec le géant américain du négoce et de la transformation des matières premières agricoles, Cargill.
Le classement, baptisé « Resilient Food Systems Index » (RFSI), évalue la capacité de 60 pays dans le monde à fournir une alimentation suffisante, abordable et nutritive pour l’ensemble de leur population, dans un contexte de risques croissants et interconnectés. Il repose sur 71 indicateurs quantitatifs et qualitatifs issus de sources telles que la Banque mondiale, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le World Resources Institute.
Ces indicateurs couvrent, entre autres, la volatilité de la production agricole, l’accessibilité financière à une alimentation saine, la valeur des échanges commerciaux de produits agricoles, le risque politique, les performances logistiques, les dépenses publiques allouées à l’agriculture, la qualité des protéines consommées, l’exposition aux catastrophes naturelles, les capacités d’adaptation au changement climatique, la biodiversité, la disponibilité des ressources en eau et la prévalence de la malnutrition.
Les indicateurs sont regroupés en quatre piliers : accessibilité financière, disponibilité, qualité et sécurité, et réactivité face aux risques climatiques. Chaque indicateur et chaque pilier reçoit une note de 0 à 100 points. La moyenne des notes obtenues par un pays dans les différents piliers, pondérée à parts égales, détermine un score global allant de 0 (absence de résilience) à 100 points (système alimentaire pleinement résilient).
Une forte vulnérabilité au changement climatique
À l’échelle africaine, l’Algérie possède le système alimentaire le plus résilient parmi les douze pays du continent étudiés, occupant le 32ᵉ rang mondial avec un score de 64,66 points. L’Afrique du Sud suit à la 38ᵉ place mondiale (62,65 points) et l’Égypte à la 39ᵉ place (62,18 points). Ces trois pays sont les seuls du continent à afficher des niveaux de résilience considérés comme satisfaisants (scores compris entre 60 et 70 points).
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Le Ghana arrive en 4ᵉ position africaine (46ᵉ rang mondial, 56,89 points), suivi par la Tanzanie (50ᵉ), le Rwanda (54ᵉ), la Namibie (55ᵉ), l’Éthiopie (56ᵉ), le Nigeria (57ᵉ), l’Ouganda (58ᵉ), le Kenya (59ᵉ) et la République démocratique du Congo (60ᵉ).
Globalement, les pays africains étudiés présentent de faibles performances, en raison d’une forte vulnérabilité au changement climatique, de la dégradation des sols et de la biodiversité, de l’instabilité politique et des conflits, du manque d’investissements dans le secteur agricole et des pertes de récoltes élevées liées à l’insuffisance des infrastructures de stockage et des chaînes de froid.
Classement mondial
Au niveau mondial, le Portugal possède le système alimentaire le plus résilient, avec un score de 76,83 points. Son secteur agricole se distingue par une grande diversité et une forte orientation exportatrice. Il devance la France (76,75 points), le Royaume-Uni (76,34 points), les États-Unis (75,30 points) et le Japon (74,39 points).
Le score moyen des 60 pays étudiés s’élève à 63,68 points. L’écart de près de 42 points entre le pays le plus résilient (Portugal) et le plus vulnérable (République démocratique du Congo) montre que la résilience des systèmes alimentaires mondiaux reste très inégalement répartie.
